Coup d’arrêt judiciaire pour les nouvelles restrictions américaines sur les visas. Un juge fédéral de Boston a suspendu lundi l’entrée en vigueur d’une réglementation destinée à limiter la durée de séjour aux États-Unis des étudiants et journalistes étrangers.
Sans se prononcer à ce stade sur le fond du dossier, le magistrat a ordonné le report du dispositif, initialement prévu pour entrer en application le 15 septembre. Sa décision répond à une demande déposée par plusieurs organisations représentant des établissements d’enseignement supérieur, des enseignants et des syndicats, dont l’un représente les journalistes et d’autres professionnels de la communication.
Quatre ans maximum pour les étudiants
Publiée en juillet au Federal Register, l’équivalent américain du Journal officiel, la nouvelle réglementation prévoit de modifier en profondeur les conditions de séjour de certaines catégories d’étrangers.
Les titulaires d’un visa étudiant ne pourraient ainsi plus rester aux États-Unis au-delà de quatre ans. Jusqu’à présent, leur autorisation était généralement liée à la durée effective de leur programme d’études.
Ce changement pourrait particulièrement concerner les étudiants engagés dans des cursus longs, notamment les doctorats ou certaines formations universitaires nécessitant plusieurs années supplémentaires.
Les journalistes limités à 240 jours
Les correspondants et journalistes étrangers seraient, eux, autorisés à rester sur le territoire américain pendant un maximum de 240 jours, soit environ huit mois. Ils pourraient ensuite demander un renouvellement pour une durée équivalente.
Le régime serait encore plus restrictif pour les journalistes chinois, dont les visas seraient limités à 90 jours.
Jusqu’ici, les États-Unis pouvaient accorder aux journalistes étrangers des visas pouvant aller jusqu’à cinq ans. La réforme modifierait donc sensiblement les conditions de travail des correspondants installés durablement dans le pays.
Les médias internationaux alertent sur les conséquences
La nouvelle réglementation suscite une forte opposition dans le secteur de la presse. Une centaine de médias et d’organisations internationales ont exprimé leurs inquiétudes dans une lettre ouverte, estimant que ces limitations pourraient réduire « la quantité et la qualité de la couverture » de l’actualité américaine.
Les professionnels redoutent notamment une multiplication des démarches administratives, mais aussi davantage d’incertitude pour les rédactions étrangères souhaitant maintenir des correspondants aux États-Unis sur le long terme.
La suspension décidée lundi ne signe toutefois pas l’abandon définitif du dispositif. La justice devra encore examiner le dossier sur le fond avant de déterminer si les nouvelles restrictions peuvent finalement entrer en vigueur. En attendant, les règles existantes restent applicables aux étudiants et journalistes étrangers.


